Bien que n’adhérant pas à un certain nombre de positions prises par José Bové, je considère comme insupportable la condamnation qui le frappe. La lutte contre les OGM est une nécessité qui se satisferait bien de l’utilisation stricte d’outils légaux. Malheureusement, il semble avéré que les dés sont, et resteront pipés.
L’état français, installé dans le non respect des directives européennes sur ce dossier, n’est pas forcément le mieux placé pour condamner les destructions de plants transgéniques, et sa complaisance vis-à-vis des acteurs économiques favorables aux OGM, ne laisse pas la place à une action purement administrative ou juridique.
La confirmation de la (lourde) condamnation de celui qui s’est fait le champion de lutte anti OGM ressemble fort à une mesure d’intimidation en direction de ceux qui voudraient se risquer à l’imiter.
La justice sait se montrer magnanime à l’égard d’actions violentes lorsqu’elles sont le fait d’autres syndicalistes (mise à sac des bureaux de D.Voynet ou brûlage de pneus par exemple), elle vient de démontrer une nouvelle fois sa capacité à appliquer deux poids et deux mesures.
Pour ma part, je me déclare donc solidaire de José Bové, et disposé à utiliser les mêmes moyens hors du cadre légal afin de continuer à alerter les citoyens et les responsables politique sur ce que je pense être une source de dommages irréversibles pour la biodiversité, de dépendance accrue des agriculteurs, et un danger potentiel pour la santé des consommateurs.
Saint-Maur le 9 février 2007
